Un combat de Titans (épopée 3.3)

Le cri de Nidhogg avait retenti haut et fort dans tout Dravania, il était temps pour nous de rentrer en toute hâte à Ishgard. Je pris place sur le dos de Hraesvelgr et m’agrippais fermement mais même portés par les ailes de dragons il était trop tard lorsque nous arrivâmes en vue de la Sainte Cité, le pont qui menait à la ville était déjà assiégé par l’armée de Nidhogg. Draconiens et mortels se battaient férocement, les uns tentant de percer les défenses des autres. Les corps s’empilaient alors qu’aucun des camps ne cédait le moindre terrain.

Nous nous posâmes en première ligne et je m’avançais bravement, ignorant les draconiens qui fusaient autour de moi. Nidhogg se dressait, immense, à l’autre bout du pont. Il interpella son frère sur un ton menaçant, traître à sa race selon lui. La patience du dragon sacré arriva à son terme lorsque Nidhogg insulta sa bien-aimée.

S’ensuivit le combat le plus épique auquel j’ai eu la chance d’assister. Deux dragons anciens, deux puissances légendaires s’affrontaient dans le ciel. Leurs griffes s’entrechoquaient et leur magie crépitait, masquant le soleil. Les deux géants, enlacés dans une étreinte mortelle, finirent par chuter et s’écraser sur le pont. Une nuage de poussière s’éleva et retomba lentement, révélant un Nidhogg triomphant.

Mais je ne prêtais guère attention à ce que les frères se dirent à ce moment-là car devant moi au ras du sol, flottait un énorme œil ambré. Nous en étions donc réduits à ça. Quelle que soit la raison Hraesvelgr était impuissant à apaiser la rage de Nidhogg. Cet œil était un cadeau sans prix, un honneur ineffable. Je me dirigeais vers lui lentement tandis que le pouvoir, la puissance du dragon s’insinuait en moi par tous les pores de ma peau. Un feu sauvage et brûlant m’envahit, enflammant mes sens, ouvrant mon esprit à de nouvelles possibilités.

L’espace d’un instant, la curiosité me titilla, je n’avais absorbé qu’un seul œil et ma puissance avait été multipliée de façon incommensurable, quelles perspectives pouvait m’offrir le deuxième ? Mais l’heure n’était pas à l’avidité car l’ombre fondait sur moi.

Comment décrire le combat qui se déroula alors ? Malgré sa folie, Nidhogg était en pleine possession de son pouvoir ajouté à celui d’Estinien. Même avec l’aide de Hraesvelgr, je n’aurais probablement jamais pu le mettre à genou sans l’aide d’aventuriers qui étaient venus défendre l’entrée d’Ishgard.

Nidhogg finit par s’incliner et abandonna sa forme draconique. Affaibli, il n’était plus le seul maître du corps de notre ami qui s’employa à l’immobiliser afin que nous puissions finir le travail. Mais Alphinaud et moi avions une autre idée en tête. Cette fois, il n’était pas question de perdre un autre ami, nous avions la ferme intention de le sauver quoi qu’il en coûte.

Nous nous précipitâmes à ses côtés et agrippèrent les yeux qui avaient fusionnés avec son armure. Alors même que nous essayions de les arracher, la rage et la haine de Nidhogg nous enveloppa, déchirant nos âmes. Jusqu’à ce qu’une main se pose sur les miennes. Je levais les yeux et rendis son sourire à Haurchefant. Mon très cher ami, tu ne m’avais donc pas abandonné. Même si je savais que je ne pouvais pas te toucher, ta seule présence avait réchauffé mon cœur enserré par l’ombre glacée de la vengeance.

Dans un sursaut de force nous arrachâmes les yeux et l’âme du dragon ancien fut libérée de l’enfer dans lequel il s’était lui-même plongé. Suivant les directives d’Aymeric, Alphinaud et moi jetâmes les yeux dans la mer de nuages afin qu’ils disparaissent pour l’éternité.

Nidhogg était vaincu, son pouvoir ne serait plus jamais utilisé à mauvais escient et son armée se dispersait. Aymeric se précipita vers un Estinien inconscient et insista pour le porter jusqu’au soigneur. Allait-il survivre au choc de la séparation avec Nidhogg ?


Aksa

Le Manoir d'Aksa a fait peau neuve sur un nouveau site plus beau et avec plus de fonctionnalitées.

Tous les futurs articles et textes seront mis en ligne là-bas.

Rejoignez-moi et continuez à me suivre.