L'ombre d'un sourire

 

 


La bête est là dans l’obscurité, il le sait. Il peut entendre sa respiration presque sentir son souffle empoisonné sur son visage. Peut-être que si il s’éloigne doucement elle ne le remarquera pas. Qu’est-ce donc ? Pourquoi n’arrive-t-il pas à bouger ?

La bête est proche, la bête est là. Elle pose son regard acide sur lui, elle l’a vu ! Elle ouvre la gueule sur deux rangées de crocs acérés. Il ferme les yeux, il ne veut pas voir ces crocs approcher, la peur lui enserre le ventre. Mais la bête ne veut pas le dévorer ou du moins pas tout de suite. Elle promène sa langue chaude et humide sur son corps, elle goûte sa peau salée de terreur.

La bête se détourne, s’est-elle désintéressée de lui ? Non, une silhouette étrangement familière se dessine. La bête saute sur elle, avide de chair et de sang. Elle déchire la peau fragile, boit le liquide vermillon de la silhouette qui se tord de douleur.

Non… arrêtez... ne lui faites pas de mal. Je vous en prie.

Mais les mots restent coincés dans sa gorge, l’étouffant. Une douleur indicible serre son cœur. Ne pouvant retenir ses larmes il se met à sangloter.

Je vous en supplie, prenez ma vie en échange de la sienne… Je ferai tout ce que vous voudrez.

Une chose molle atterrit à ses pieds, un tas de chairs sanguinolentes. Il veut fermer ses paupières mais une sorte de curiosité morbide l’en empêche, clouant son regard sur ce corps que seule la tête permet de reconnaître en tant que tel. Et ce visage qui le regarde de ces yeux vides de toute étincelle de vie.

S’en est trop pour lui.

 

 

∞                 ∞

 

 

- Noooon !

Aksa s’était redressé dans son lit. Son cœur battait la chamade et ses entrailles étaient douloureusement serrées. Il posa une main sur sa peau couverte de sueur comme pour vérifier qu’il était bien réel puis prit quelques inspirations profondes pour calmer sa respiration saccadée.

- Un cauchemar, rrien de plus, se dit-il d’une voix tremblante.

Ce n’était pas la première fois qu’il se réveillait en pleine nuit la peur au ventre. Mais pourquoi maintenant alors que cela faisait déjà plusieurs années que la bête n’était pas venue le déranger dans son sommeil ? Il était trop tôt ou trop tard pour ce genre de questionnement stérile.

Le miqo’te frissonna, son cerveau maintenant réveillé venait de se rendre compte que l’air dans sa chambre était frais et que sa transpiration faisait chuter sa température interne. Il sortit de son lit, s’arrêtant un instant pour apprécier la douceur du tapis sous ses pieds. Il avait bien fait de l’acheter. Il s’enveloppa dans une grande serviette et se dirigea vers la salle d’eau. Une bonne douche lessiverait la sueur et ses idées noires.

Arrivé à destination, il alluma quelques bougies pour garder une ambiance douce et pendit la serviette à un crochet. L’eau était froide, aussi froide que la pluie qui s’infiltre dans les moindres recoins des vêtements pour te tremper jusqu’aux os. Peut-être était-ce à cause du cauchemar qu’il venait de faire mais sentir cette eau froide glisser sur sa peau fit remonter en lui le souvenir d’un soir où il avait frappé à la porte d’une maison avec sa sœur.

L’eau se réchauffa et le souvenir de ce soir pluvieux s’envola, remplacé par celui d’un corps chaud pressé contre le sien. S’il fermait les yeux il pouvait sentir les bras qui l’enveloppait, les mains qui couraient sur lui, explorant les moindres recoins de son être. Leur simple évocation le laissait parcouru de doux frissons de plaisir.

Il commença à se caresser du bout des doigts, doucement, savourant les sensations que cela lui procurait. Les bras d’abord puis les épaules et le torse, il sentait ses muscles se détendre partout où il passait. Il s’attarda sur ses tétons qui se durcirent et lui firent pousser un petit soupir, descendit sur les côtes puis le ventre, les fesses, les cuisses. Il effleura l’intérieur des cuisses puis remonta vers l’aine et son membre dressé.

Il l’empoigna à pleine main alors même que les souvenirs affluaient en lui. Il se rappelait comment les lèvres de son amant parcouraient son sexe doucement de haut en bas, enflammant ses sens et attisant son désir. Encouragé par les gémissements d’Aksa, il le prenait alors goulument dans sa bouche tandis qu’un de ses doigts s’aventurait entre ses fesses pour le titiller avant de s’enfoncer doucement en lui. Aksa passait alors les mains dans les cheveux de son amant, l’invitant à accentuer ses mouvements. Il aimait le taquiner, faire monter son désir jusqu’à le laisser au bord de la jouissance. Il retournait alors le miqo’te et enfonçait son sexe jusqu’à la garde.

Aksa se rappelait encore des coups de reins qui lui arrachaient des cris de plaisir, de la main qui s’activait sur son sexe. Le miqo’te s’appuya sur le mur, cette main était la sienne. Un grognement lui échappa lorsque son sperme jaillit et vint maculer le carrelage du mur. La délivrance le laissa haletant mais l’esprit clair.

Il saisit la serviette et se sécha les cheveux en retournant dans sa chambre. Un sommeil sans rêves l’attendait.


Aksa

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