Confession d'un soldat

Parchemin trouvé dans un coffre enterré dans le Mor Dhona

 


 

Je m’appelle… non, mon nom n’a aucune importance et je ne veux pas qu’il arrive quelque chose à ma famille si jamais ces mots venaient à tomber entre de mauvaises mains.

Par où commencer…

Je suis ou plutôt j’étais un soldat garlemaldais. Je faisais partie de la 14ème légion impériale, commandée par le légat Gaïus van Baelsar.

Au début, Garlemald n’était qu’un petit pays comme les autres du continent d’Ilsabard. La vie y coulait tranquille. Et puis sont arrivés des techniciens de génie. La technologie magitek s’est rapidement développée. Solus zos Galvus, qui à l’époque n’était que légat, introduit cette technologie dans l’armée et hissa notre patrie au rang de grande nation militaire.

Grâce à cette nouvelle puissance de feu, les pays limitrophes furent facilement annexés et Garlemald devint un empire. Après Isalbard vint le continent oriental d’Othard. Nous avions une grande civilisation qui n’avait pas d’égale à part peut-être, disait-on, celle des anciens allagois.

Tout ce pouvoir nous est-il monté à la tête ? Sommes-nous devenus arrogants face à ceux qui, pensions-nous, se complaisaient dans un âge et des pratiques religieuses obscures ? Avions-nous vraiment le droit de prendre la terre d’autrui ?

Je ne me posais pas toutes ces questions à ce moment-là ? J’étais heureux et fier de contribuer à la gloire de mon pays. Lorsque les deux tiers de la Trigée fut conquis, l’attention de l’Empereur se tourna vers le continent d’Aldenard, où une alliance de cités-états gardaient jalousement leurs territoires.

En apparence le continent semblait stable mais il était gangréné par les croyances en de faux dieux. Nous devions libérer ces pauvres gens et leur apporter les lumières de notre civilisation. Notre premier objectif fut la cité-état d’Ala Migho qui abritait de féroces combattants. Une fois de plus, Gaïus van Baelsar démontra son génie tactique en allumant les feux de la guerre civile dans la cité. Quelques jours nous suffirent pour l’envahir, évitant ainsi un siège couteux.

Je crois bien que même après toutes ces années la résistance mighoise est toujours active. Nous leur avons apporté la paix, le confort et l’éducation. Quelle force peut donc bien les pousser à se rebeller contre nous ? A l’époque je ne comprenais pas.

Rien ni personne ne pouvait stopper notre avancée et nous empêcher d’unir toute la Trigée… ou du moins c’est ce que nous avons cru. Ce jour-là, notre flotte d’aéronefs se mit en route pour conquérir les autres cités. Ce jour-là, elle fut entièrement anéantie par un vol de dragons. Ce jour-là, je vis sous mes yeux horrifiés un dragon 3 fois plus grand que notre vaisseau amiral, l’Agrius, l’enserrer avec son corps et s’abîmer avec lui dans l’immense lac en contrebas.

La déroute du lac de Pleurargent mit un terme au conflit pendant près de 20 ans. En l’an 51 du calendrier impérial, les hostilités reprirent de plus belle et atteignirent leur paroxysme dans la plaine de Carteneau, sous la présence menaçante du satellite Dalamud. Je regardais l’armée de l’alliance éorzéenne en face de nous. Ils ne semblaient pas avoir peur de notre supériorité technologique.

Les armées s’élancèrent l’une contre l’autre. Le fracas des armes et les cris des blessés furent alors mon seul univers. Au plus fort de la bataille, Dalamud explosa et ses fragments vinrent s’écraser sur les combattants. Un énorme dragon apparut en lieu et place du satellite et dévasta le champ de bataille de son souffle de feu.

Les pertes furent énormes de chaque côté, tellement que nous n’eûmes d’autre choix que de nous retirer pour panser nos blessures. Ce jour-là, je vis la mort de près et je lui échappais in extremis, protégé par le corps d’un camarade qui m’avait cloué au sol. Ce jour-là j’ai ressenti dans ma chair la puissance des eikons.

Lorsque je suis rentré dans l’armée, je pensais faire mon devoir de citoyen, je pensais que rallier les pays barbares à notre grand empire était pour leur bien. Je ne suis plus sûr de rien aujourd’hui. La plaine de Carteneau a été mon dernier champ de bataille, j’ai déserté mon pays et cette armée à laquelle j’avais donné la plus grande partie de ma vie, j’ai refait ma vie en Eorzéa.

J’ai appris à aimer ces paysages naturels et la population cosmopolite. J’ai pris le temps de connaître ces « barbares » qui, au final, ne sont pas si différents de nous. Cela fait déjà 8 ans et pourtant je fais toujours des cauchemars, je me réveille en sueur, les flammes du primordial Bahamut imprimées sur mes rétines. A vouloir jouer avec une technologie que nous ne connaissions pas nous avons fini par nous brûler les doigts.

Je pensais apporter justice et ordre. Au final, nous n’avons apporté que destruction et chaos. Aujourd’hui je doute des motivations des dirigeants de mon pays natal. La puissance nous donne-t-elle réellement le droit d’annexer ceux que nous considérons comme plus faibles que nous ? Nous pensions leur apporter la civilisation mais n’ont-ils pas le droit de vivre leur vie comme ils le souhaitent ?

Je ne rentrerai pas au pays. J’ai une femme magnifique qui m’a donné 2 beaux enfants. J’ai enfin trouvé ma raison de vivre et des personnes que je veux protéger. Je ne veux plus me battre pour un tyran à l’égo surdimensionné qui ne pense qu’à agrandir son territoire.

Si quelqu’un trouve un jour ce message, ne me jugez pas trop durement. Je ne suis qu’un hyur qui gardait les yeux fermés jusqu’au jour où la mort m’obligea à les ouvrir.

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