Agonie, pleurs, rage (épopée 2.x)

 

 

 

Tu m'accueilles les yeux voilés et un sourire triste aux lèvres, la tension qui règne dans la pièce est palpable. Je m'assois en face de toi avec nervosité.

Voilà que tu m'ouvres ton cœur avec gravité. Il n'y a pas de larmes sur tes joues mais ton cœur saigne et ton âme pleure. Les mots de réconfort qui me viennent ne dépassent pas la barrière de mes lèvres. Je ne peux pas, ne dois pas les dire. Je me sens tellement déchiré par cette écrasante solitude qui est la tienne, pourtant seuls mes yeux se permettent d'exprimer mon sentiment.

Je te regarde porter cette coupe amère à tes lèvres et assiste impuissant à l'horreur. Tétanisé par la surprise et le choc je te vois t'écrouler. Que se passe-t-il ? Les événements s'enchaînent trop vite, je ne comprends plus rien. Je suis innocent ! Je jette un dernier regard à ton visage tordu par la souffrance avant que les portes ne se referment. Non ! Laissez-moi !

Dans l’intimité de mon esprit je maudis celui qui a fermé tes doux yeux à jamais.

J’atterris brutalement sur le sol froid, un ami m’a jeté aux pieds de mes compagnons en les accusant de crimes qu’ils n’ont pas commis. Qui est responsable ? Je parcoure la salle du regard et je le trouve, un rictus satisfait sur le visage. C’est donc toi, j’aurais dû m’occuper de ton cas il y a longtemps.

J’essaie de me libérer sans succès pendant qu’un combat éclate. Cris, sang, douleur. Les cadavres jonchent le sol. Enfin libre ! Nous voulons rester et combattre mais le taureau nous enjoint de nous enfuir. Nous le laissons affronter son destin seul.

Nous sommes 6 compagnons, il reste si peu d’entre nous. Deux restent en arrière pour arrêter les poursuivants. Quatre courent sous la cité. Deux de plus nous quittent avant qu'une secousse ébranle les fondements de la cité.

Viens, nous devons continuer. Tu es la dernière, les gens là dehors comptent sur toi, j’ai besoin de toi. Qui se soucit du guerrier de la lumière lorsque ses amis sont en danger ? Très bien, je continue seul mais je reviendrai vous chercher, c’est une promesse !

Le cœur lourd je coure dans les ténèbres. La lumière du matin m’aveugle mais je continue de courir. Quelqu’un s’approche !

Il semblerait que j’ai encore des amis sur lesquels je puisse m’appuyer. A présent je suis en sûreté, mes poursuivants ne viendront pas me chercher ici.

Je me repasse les images des derniers événements tandis qu'une sourde colère m’envahit. Je ne peux pas la laisser éclater, pas ici. Je serre les poings si forts que mes articulations blanchissent, mes griffes s’enfoncent dans la chair de mes mains et le sang coule entre mes doigts.

Dieux, que j’aimerais que tout cela ne soit qu’un rêve. Des morts, de nouveaux sacrifices, combien en faudra-t-il avant que les Dieux soient satisfaits ? Je presse mes mains contre mon visage pour ne pas crier ma frustration à la face du monde, y laissant par là même des larmes de sang.

Très bien, si c’est ce qu’ils veulent alors c’est ce qu’ils auront. Ils vont tous payer, je les traquerai jusqu’aux fin fonds du monde si il le faut comme les chiens qu’ils sont. Et lorsque j’aurai enfin ces traîtres dans la paume de ma main je partagerai avec eux cette indicible douleur.

Je me tourne pour sortir de la pièce dans laquelle je suis. Je m’arrête net, un fou me fixe.


Aksa

 

 

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